Orateur(s)
Guy Delrée, président de la Fédération des Associations de Généralistes de Wallonie ; Philippe Coucke, professeur chef du service de radiothérapie au CHU de Liège
Résumé

Après un bref brainstorming sur la télémédecine, Guy Delrée, médecin généraliste et président de la FAGW (Fédération des Associations de Généralistes de Wallonie ), nous en a proposé une première définition :
La télémédecine est une pratique médicale à distance qui met en rapport, par l’intermédiaire des nouvelles technologies de l’information et de la communication le patient et un ou des professionnels de santé, ou plusieurs professionnels de santé.
Notre premier orateur nous a notamment parlé du Réseau Santé Wallon qui permet l’échange de données de santé informatisées, et ce avec un pilotage des hôpitaux, médecins, sous la coupole de la FRATEM. Le SUMEHR est le résumé électronique des données du patient. Finalement, les avis sur la télémédecine sont contrastés : certains y voient un gain de temps, d’efficacité, de sécurité, ou encore l’effacement de certaines distances, d’autres craignent la déshumanisation, les pannes, ou encore la fracture numérique…
Pour les professionnels, il existe encore beaucoup de freins comme le manque à gagner lié à l’absence d’honoraires, la responsabilité pas encore vraiment établie, l’éloignement de la vocation première du médecin, le manque d’ergonomie, le problème de la sécurité des données,…
En conclusion, la télémédecine peut être un outil intéressant mais il faut vraiment avoir une vision pour l’avenir. Elle doit constituer une aide efficace, mais sans se substituer au soignant « humain » et les implications de ses changements en termes de sécurité juridique et honoraire doivent être reconnues.

Retrouvez la présentation du Docteur Guy Delrée :

Notre deuxième orateur, le professeur Philippe Coucke du CHU de Liège, nous a présenté la télémédecine quant à lui avec une vision plutôt macroéconomique.
La situation est assez critique dans le domaine médical : beaucoup d’actes inutiles, des problèmes de budget, certains diagnostics incorrects, une certaine chance de se retrouver moins bien à sa sortie qu’à son arrivée…
Les raisons de ce désastre sont multiples : vieillissement de la population dont les soignants, pénurie de soignants, croissance des coûts, ou encore force du GAF-BAT.
En Belgique, les hôpitaux vont très mal.
L’avantage de la télémédecine est qu’elle permet de réduire les coûts, d’améliorer les premiers soins, d’éviter certaines admissions de patients non justifiées,…
Cependant, un des problèmes actuels de la télémédecine est son manque de structuration des données des patients dans un dossier, et l’absence de culture de sécurisation de ces données. Si certains médecins ont un nombre de réserves (voir slides), certaines institutions poussent à y recourir, comme par exemple la American Heart Association.
Avec le temps, le Mercy Virtual a vu le jour, qui est un hopital 100% télémédecine, où aucun patient n’est physiquement présent, mais on vérifie les constantes vitales des patients à distance. Les grands groupes commerciaux s’y intéressent aussi à présent, comme Walmart, qui permet à ses employés d’avoir accès à une visite virtuelle pour 4 dollars.
Parmi les solutions techniques, il semble que Teladoc ait envahi le marché européen avec la téléconsultation. En conclusion, la présence physique n’est plus le must aujourd’hui, même si ceux qui ne feraient que de la télémédecine seraient considérés comme des outsiders. Aussi, il ne faut pas oublier d’écouter la voix des patients.
Parcourez la présentation du Professeur Philippe Coucke :

La télémédecine permet l’accès à distance d’un patient à un médecin ou une équipe médicale grâce aux nouvelles technologies. Elle peut représenter une opportunité, notamment face à certains déserts médicaux, ou dans les cas où les patients sont indéplaçables. Mais ce n’est pas la panacée, et elle pose toute une série de questions : quid des assurances, ou encore des honoraires ?  Si certains politiques poussent à accentuer la démarche, les médecins ne sont pas tous unanimes sur la question, et certains mettent en garde face au côté « gadget » de la télémédecine. 

Pour vous parler de ce sujet, nous accueillerons deux orateurs : 

-       Guy Delrée, médecin généraliste, président de la Fédération des Associations de Généralistes de Wallonie

-       Philippe Coucke, professeur et chef du service de radiothérapie au CHU de Liège

 La conférence sera suivie par un cocktail de networking.