Orateur(s)
Clémence MASSART (ULg, Département des Sciences et Gestion de l'Environnement - Campus d'Arlon) et Sophie VANWAMBEKE (UCL, Ecole de géographie)


Le changement climatique aurait des incidences sur la santé humaine, à la fois directes – liées aux effets physiologiques de la chaleur et du froid – et indirectes – découlant par exemple de la modification des comportements humains (migration forcée, allongement du temps passé à l'extérieur, etc.), de la transmission accrue de maladies d'origine alimentaire ou vectorielles (par exemple la maladie de Lyme, l’encéphalite atique...) ou d'autres conséquences du changement climatique comme les inondations.

Il y a également le déplacement, sur le planisphère, d’espèces de moustiques, vecteurs de maladies infectieuses, du paludisme, par exemple les moustiques de type Aedes transmettant le chikungunya : ces espèces cherchent des zones plus propices à leur développement et atteignent ainsi des espaces non encore touchés jusqu’à présent : voir Figure ci-dessous.

Les dangers qu'entraîne le changement climatique sur la santé sont très divers et ils ont, par nature, une portée mondiale. La canicule que l’Europe a connue en 2003, et les nombreux autres événements climatiques extrêmes qui se sont succédé depuis lors, ont progressivement éveillé les consciences à propos des effets du changement climatique sur la santé. Les travaux de recherche et les analyses d'impact réalisées dans plusieurs pays européens ont suggéré que ce changement climatique, modifiant la dynamique des maladies infectieuses, devrait avoir des effets sur l'épidémiologie de nombreuses maladies et affections. Des rapports de l'Organisation Mondiale de la Santé et du GIEC décrivant les incidences négatives de ce phénomène sur la santé humaine vont également dans ce sens.

Les conséquences sanitaires qui en résultent sont cependant inégalement réparties, disproportionnées même pour certaines populations vulnérables (les très jeunes, les personnes âgées, les infirmes, les pauvres et les groupes isolés), ou pour certaines zones sur le globe terrestre : les zones de forte persistance des maladies climato-dépendantes, les zones de grande pénurie d'eau et de faible production agricole, les zones côtières des pays en développement...

Mais tous les changements induits par le climat ne sont pas nécessairement négatifs pour la santé humaine. Dans les zones tempérées, les hivers plus doux permettront de réduire le nombre de décès dus au froid, d’augmenter la productivité des personnes travaillant à l'extérieur, de maintenir plus facilement des températures intérieures agréables, d’allonger la période de végétation (ce qui, combiné au renforcement des précipitations, serait favorable à l'agriculture et à la production de denrées alimentaires).

Inscription gratuite mais souhaitée : m.lahaye@province.luxembourg.be

Cette conférence est organisée dans le cadre des Mardis du Développement Durable par la Cellule Développement Durable de la Province de Luxembourg et l'Université de Liège et son Campus Environnement d'Arlon.