Orateur(s)
Jean-Luc Bodeux, journaliste, Fabien Claude, microbrasseur au sein du Syndicat d'initiative de Wiltz et Claude Lorang, président de la Confrérie Gambrinus
Résumé

Dans une première partie, Claude Lorang, président de la conférie Gambrinus, nous a proposé une réflexion historique sur l’utilisation de la bière dans nos régions, et en particulier au Grand-Duché. Cette passion alimentaire et conviviale existe en effet depuis plus de six millénaires !
Les premières traces de brassage ont été découvertes à Jéricho, dans les années 10 000 avant J-C.
La Mésopotamie est réputée comme étant le berceau de l’art brassicole. A cette époque (3-4000 avant J-C), l’art brassicole était surtout réservé aux femmes.
On retrouve aussi ce rôle féminin dans le brassage domestique de la cervoise durant l’Antiquité gallo-romaine. Jusqu’au Moyen-Age, la bière était brassée surtout au sein deu foyer familial. Il faudra attendre les 7ème et 8ème siècles après J-C pour assister au développement d’un brassage plus « industriel ».  On commence aussi à constater les vertus anti-infectieuses de la levure.

Après avoir évoqué différents faits liés à la bière au fil des années (voir slides), notre premier orateur nous a expliqué que 6 micro-brasseries s’étaient développées au Luxembourg entre 1999 et 2008, avec un retour progressif de la fermentation haute, face à la dominance tout de même de la basse fermentation.
La microbrasserie du Musée National d’Art Brassicole date quant à elle de 2001, où elle est créée à titre didactique et expérimental, en joint-venture avec la Brasserie Simon.
Claude Lorang a conclu son exposé en annonçant l’ouverture prochaine du premier « Craft-corner » luxembourgeois, soit un bistrot spécialisé servant des bières spéciales au fût.

Plus d'informations : http://gambrinus.lu/

http://www.visitluxembourg.com/fr/adresse/museum/musee-national-art-brassicole-tannerie-wiltz

Journaliste spécialiste de la bière et auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet, Jean-Luc Bodeux était notre second orateur.
Il a commencé son exposé en nous parlant d’un paradoxe : il y a de plus en plus de brasseries en Belgique, et de moins en moins de consommation de bière. Pourquoi ? Tout d’abord, parce qu’il y a beaucoup de petites brasseries qui distribuent leurs produits, et  aussi parce que l’exportation à l’étranger est en croissance continue et permet aux brasseries de trouver de nouveaux débouchés, l’aura des bières belges restant forte, et d’autre part, l’émergence des softs drinks et les campagnes de sécurité routière ont joué un rôle non négligeable dans la baisse de consommation. Ceci dit, les goûts en matière de bières ont aussi beaucoup changé : comme nous a confié notre orateur, « le Belge boit moins, mais boit mieux » ! Bref, le Belge boit des bières plus fortes et moins de pils même si elles restent largement majoritaires, et les quantités, calculées el litre par habitant, s’en ressentent logiquement.
Si au début du 20ème siècle,  on compte 3300 brasseries en Belgique, il n’en reste plus qu’une grosse centaine à la fin des années 80-90.
La faute aux deux guerres mondiales, que ce soit dû aux morts au combat, ou au matériel réquisitionné par les Allemands.
Au début des années 80, il ne restait que trois brasseries en province de Luxembourg : la brasserie Gigi, la brasserie Maire, et la brasserie d’Orval – la seule des trois qui existe encore aujourd’hui.
En 1982, arrive la Chouffe grâce à Pierre Gobron et Chris Bauweraerts qui montent leur propre brasserie avec du matériel de récupération.

Historiquement, le Grand-Duché et la Province de Luxembourg ont des goûts différents au niveau de la bière : le premier favorise la Pils à basse fermentation, alors que le second compte 99% de bières à haute fermentation.
Actuellement, il existe 23 brasseries en province de Luxembourg, avec deux grands types de brasseurs :
-       Les professionnels permanents qui vivent de leur profession et créent de l’emploi (Lupulus, Rulles,..)
-       Les microbrasseries nées depuis 5-6 ans par hobby, passion, ou défi : parmi eux il y a ceux qui ne veulent pas en faire une activité économique à temps plein, et d’autres qui se disent « qu’ils verront bien » avec le temps.
Parmi ces 22 brasseries, on retrouve la brasserie d’Achouffe en numéro 1, la brasserie d’Orval en numéro 2, et la brasserie Lupulus en troisième position avec des produits très diversifiés ainsi que des brassins à façon produits par exemple pour la brasserie Curtius de Liège.
Jean-Luc Bodeux a également cité la brasserie de Rulles, une des seules brasseries avec du 100% pur malt et sans épices ; la brasserie de Bastogne, et la brasserie Mille Vertus.
A noter que beaucoup de néos-brasseurs de notre région sont issus de la formation en microbrasserie de l’IFAPME. 

A la question de savoir si les microbrasseries ne risquent pas de s'arrêter, notre orateur a répondu qu’il y avait sans doute un point limite, mais qu’il n’était pas encore atteint actuellement.
Notre orateur a aussi présenté son nouvel ouvrage « Bières et brasseries de Wallonie en Provinces de Namur, Liège et du Luxembourg ».
Plus d’informations : https://www.weyrich-edition.be/bieres-brasseries-wallonie-namur-li%c3%a8ge-luxembourg#.WhQ2zEvJ-i4

 

A la base faisant partie du Musée des Arts et Métiers Anciens, le Musée National d’Art Brassicole est créé à part entière à partir de 1999.

On recompose un café de l’époque du 19ème siècle, et des vitrines sont mises en place avec des objets provenant de chaque brasserie luxembourgeoise. Une collection de bières est également installée.
Vient ensuite la création de la microbrasserie, la partie "vivante" du musée.
C’est à ce niveau qu’intervient notre troisième orateur, Fabien Claude, son microbrasseur attitré.

Comme il nous l’a expliqué, la microbrasserie peut produire 50 litres par brassin. Pas de quoi vendre de la bière de façon rentable donc, mais la vocation de la microbrasserie est plutôt didactique, et sert à rendre le musée « vivant ».

Actuellement, la microbrasserie propose différents événements :

-       Des séminaires de brassage

-       Des activités de team building

-       Des séances de dégustation

En termes de publics, la microbrasserie accueille principalement des clubs divers, touristes, écoles et familles.

A la fin de son exposé, Fabien Claude a montré les installations de la microbrasserie aux participants.


Plus d’infos : http://www.wiltz.lu/fr/tourisme/activites/visites-guid-es/mus-e-national-d-art-brassicole

 

 

Parcourez la présentation de Claude Lorang (Confrérie Gambrinus) :


 

Découvrez les slides de Fabien Claude (Syndicat d'Initiative et de Tourisme de Wiltz) :

Combiner art brassicole, pédagogie, et tourisme, c’est l’ambition de la microbrasserie de Wiltz (Grand-Duché). Installée au sein du Château de Wiltz, et faisant partie du Musée National d’Art Brassicole, cette microbrasserie expérimentale et didactique est sans doute l’une des plus petites unités de brassage fonctionnelles au monde. Différents séminaires y sont organisés, à l’issue desquels les brasseurs amateurs peuvent embouteiller et déguster leur bière personnalisée.

Durant cette conférence organisée en fin de journée, nous vous proposerons d’en apprendre plus sur le projet, ainsi que sur le paysage brassicole du Grand-Duché et de la province de Luxembourg, en compagnie de Jean-Luc Bodeux, journaliste et auteur de plusieurs ouvrages sur les brasseries de nos régions, Fabien Claude, microbrasseur au sein du Syndicat d’initiative de Wiltz et Claude Lorang, président de la Confrérie Gambrinus.
Vous aurez l’occasion de visiter les lieux, et l’événement se clôturera par un cocktail de networking.

Cette rencontre est organisée en collaboration avec le Syndicat d'initiative de la ville de Wiltz, la Confrérie Gambrinus et le Musée National d'Art Brassicole.

Logo SI Wiltz      Logo musée art brassicole


Logo Confrérie Gambrinus