Orateur(s)
Benoît Toussaint, porteur du projet Perséphone, Philippe Delfosse (LIST), Jérôme Gennen (Agra Ost), Vincent Debbaut (ULiège) et Vincent Popoff (Sustain Water)
Résumé

Comme nous l’a expliqué Benoît Toussaint, chargé de projet au sein de l’asbl Au pays de l’Attert, derrière les initiales PERSEPHONE, il faut comprendre la Production d’Energies RenouvelableS, Engrais et Produits Harmonieux d’Origines NaturElles.

Son organisme est chef de file de ce projet européen INTERREG VA, qui comprend les partenaires suivants :

-       Au niveau scientifique : le LIST (Luxembourg Institute of Science and Technology), les Universités de Liège et de Lorraine, l’IZES (Centre de recherche des systèmes énergétiques), Agra Ost (centre de recherche et fromation agricole), et Agria Grand Est (Centre de recherche automation)

-       Au niveau industriel : Sustain Water et Ama Mundu Technologies

-       Au niveau des installations pilotes : la ferme du Faascht, Bio Recycle, Biogas Rohlingerhof, la Ferme de la Bouzule, et Naturgas Kielen

-       Au niveau méthodologique : Biogasvereenegung asbl, et Biogas Beckerich

 

Dans une seconde partie, Philippe Delfosse, chercheur au sein du LIST,  nous a expliqué tout l’intérêt de la biométhanisation, comme véritable moteur de l’économie circulaire. En effet, le problème des énergies éoliennes ou photovoltaïques, très en vogue actuellement, c’est qu’il faut pouvoir les stocker, et aussi gérer les surproductions.  Avec la biométhanisation, on utilise des microbes capables de convertir l’hydrogène en méthane dans des volumes de réacteur énormes. Pour arriver à amener l’hydrogène de manière régulée sans qu’il fasse des bulles, il faut des réacteurs spécifiques, intégrés dans le projet PERSEPHONE. Le raffinage du digestat permet de récupérer l’eau, ainsi que des bio-composés – soit des molécules à haute valeur ajoutée, et  de produire des engrais d’origine organique, dans une optique de production agricole durable. De plus, l’Europe est actuellement dépendante de pays extérieurs pour le gaz naturel ; la biométhanisation permet dans ce cadre de fermer les cycles.

Jérôme Gennen, docteur en microbiologie au sein de Agra Ost, nous a ensuite présenté les études faites sur le digestat en substitution aux engrais chimiques. Les essais de fertilisation ont été réalisés en se basant sur la législation belge (PGDA). Au niveau de l’efficacité de l’azote du lisier, il semble que la meilleure période soit la fin de l’hiver-début du printemps.  Notre orateur nous a ensuite expliqué la répartition de l’azote sur l’année ainsi que les variantes de fertilisation observées sur les différentes installations pilotes (voir slides).

Ensuite, Vincent Debbaut, assistant et maître de conférences au sein du campus d'Arlon de l'Université de Liège, nous a parlé des essais faits en laboratoire sur les combinaisons de digestat prélevées sur 3 sites expérimentaux : la ferme du Faascht, Saint Vith et La Bouzule.  Les données concernant la production de biomasse et les émissions de gaz à effet de serre sont en cours de traitement. Des lysimètres sont actuellement en cours de construction à destination du site pilote de Naturgas Kielen pour étudier l’évolution de la qualité des eaux. Des bougies poreuses vont aussi être mises en place pour pouvoir extraire l’eau instersticielle du sol et analyse la concentration en nitrates et détecter la présence de molécules phytosanitaires.

Enfin,  comme l’a expliqué Vincent Popoff, ingénieur au sein de la société Sustain Water, le projet prévoit aussi la culture de micro-algues à partir du digestat. Celui-ci doit être pré-traité pour éviter que l’eau ne soit trop colorée, avec des filtres de plus en plus fins.  Son équipe étudie actuellement la comparaison des résultats obtenus avec une solution synthétique alimentant les algues, et ceux issus du digestat en alimentation des algues. 

Ludovic Peter et Mélody Kessler nous ont ensuite proposé une visite des installations de la ferme du Faascht.  Comme l’ont souligné l’ensemble de nos orateurs, le projet Perséphone permet un apprentissage mutuel entre les chercheurs et les acteurs de terrain des installations pilotes.

 

Retrouvez la présentation du projet faite par nos orateurs :

Intégrer la filière biogaz dans la nouvelle bioéconomie, c’est l’objectif du projet PERSEPHONE, porté par l’asbl « Au Pays de l’Attert » en collaboration avec un partenariat composé de scientifiques, d’industriels et d'acteurs du terrain situés sur les quatre versants. Ce projet est soutenu par le programme Interreg VA 2014-2020.

Perséphone a la volonté d’apporter une nouvelle valeur ajoutée aux unités agricoles existantes afin de les pérenniser à l’horizon 2020-2030. Les futures unités pourront également intégrer ces nouvelles données dans leur business plan :

- Diversification des installations de biogaz par l’intégration d’hydrogène renouvelable et raffinage du digestat

- Le digestat et ses fractions en substitution aux engrais chimiques : impact sur les sols et la qualité des eaux

- Production d'algues dans la Grande Région pour de nouveaux marchés

Au cours de ce lunch-conférence, vous aurez l’occasion de découvrir les différentes facettes de ce projet ainsi que les installations de la Ferme du Faascht, une des exploitations pilotes.

Les orateurs :

- Benoît Toussaint, chargé de projet au sein de l’asbl « Au pays de l’Attert"
- Vincent Debbaut, maître de conférences au sein de l’Université de Liège
- Philippe Delfosse, chercheur au LIST
Vincent Popoff, ingénieur chez Sustain Water
- Jérome Gennen, Docteur en biologie chez Agra Ost