Orateur(s)
Bernard Tychon (ULiège), Guillaume Janssens (TerrEye), Henri Louvigny (LEA), et Anne-Sophie Rao (RumeXperts)
Résumé

Dans une première partie, Bernard Tychon, professeur à l’Université de Liège (campus Arlon Environnement), nous a proposé une définition du smart farming,  en marquant une légère différence entre ce que l’on appelle l’agriculture de précision, et l’agriculture intelligente (voir slides).  La ferme du futur, c’est un peu cette vision de l’agriculteur qui gère sa ferme depuis son salon, entouré de tracteurs sans pilotes, de drones, ou encore d’  « agribots ».  Le smart farming comprend aussi tout ce qui touche aux données et à la digitalisation de l’information.  Grâce aux nouvelles technologies, l’accès à la donnée est grandement facilité, et qui dit meilleure connaissance de son environnement, dit meilleure gestion.  Après avoir évoqué les phénomènes du big data et du crowdsourcing (la communauté alimente elle-même les sources d’informations), notre premier orateur a parlé des difficultés, contraintes et risques liés au smart farming tels :
-       La propriété des données parcellaires : aujourd’hui on sait beaucoup de choses en survolant les champs via les drones notamment : est-ce que c’est acceptable ?  A qui appartient ces données du coup ?
-       La concurrence entre les agriculteurs, qui fait que ceux-ci sont parfois réticents à partager leurs données
-       Les coûts liés à toutes ces nouvelles technologies
-       Le risque de déshumanisation du métier
-       Le problème de comptabilité des données

En conclusion de son exposé, Bernard Tychon a insisté sur le potentiel énorme de développement du smart farming, tout en mettant en avant la nécessité de mise en place de « garde-fous » pour éviter certaines dérives.


Notre premier témoin du jour était Guillaume Janssens, co-fondateur de la société TerrEye, une start-up sépcialisée dans la collecte et le traitement de données géo-spatiales.  Celle-ci est née du partenariat entre deux entrepreneurs belges passionnés, l’un par l’informatique et robotique, l’autre par la géomatique. A deux, ils proposent des solutions sur mesure, sécurisées et efficaces pour permettre à l’exploitant une meilleure optimisation de ses ressources pour une gestion active de son territoire.
Ils font des récoltes de 2D (surtout pour l’occupation du sol, la gestion parcellaire, le comptage automatique d’arbres,…) et 3D (pour en déduire la topographie) aussi bien pour que les agriculteurs que les gestions des forêts. Le problème c’est qu’une fois collectée, la donnée analysée reste souvent statique. C’est pour cela que Guillaume Janssens et son associé ont créé REGIS, une plateforme de cartographie collaborative. Ils ont créé un espace de travail virtuel pour aider le propriétaire à la prise de décision. Actuellement, ils proposent une version BETA de la plateforme pour permettre aux gens de tester leur solution.  Le point commun de leurs utilisateurs, c’est vraiment la cartographie. Tout le monde en a besoin, avec un plan de gestion (que ce soit le forestier, le chasseur, le touriste, ou l’agriculteur).

 

Henri Louvigny, notre deuxième témoin, a grandi dans une famille active dans l’élevage bovin. Licencié en informatique, notre orateur a voulu rattacher cette discipline à l’agriculture. C’est ainsi qu’en 2009 il a créé Agriweb, un site Internet destiné au partage d’informations entre agriculteurs, basé sur l’intelligence collaborative. Un outil plutôt innovant à l’époque !

En 2011, il a créé la start-up LEA pour aider les agriculteurs dans la gestion de leurs travaux et l’entretien de leurs marchines. En effet, pour les entreprises de travaux agricoles, les factures prennent beaucoup de temps – ici, ce qu’Henri Louvigny a proposé, c’est que plutôt que les chauffeurs notent par écrit systématiquement dans un carnet qu’il faut ensuite compiler, ils l’encodent directement sur smartphone, pour un gain de temps. La start-up comptabilise déjà 350 000 travaux réalisés via ce système.

En 2016, Henri a toutefois revendu cette start-up à la société française Smag, pour se consacrer à mi-temps à l’exploitation fermière. Dans ce cadre, il a développé un logiciel de gestion de l’engraissement qui répertorie les animaux par loge, poids, engraissement, date pour l’abattoir, et livre des recommandations sur l’alimentation à prévoir.

Pour Henri Louvigny, la communication de l’agriculteur est importante : c’est à lui de raconter sa propre histoire, d’autant plus que les gens sont demandeurs de transparence. Depuis 2018, il a lancé une vente de colis en ligne sur son site Internet de façon un peu particulière : l’animal n’est abattu que lorsqu’il est totalement vendu (parts souhaitées par les acheteurs en ligne), afin d’éviter toute perte.
Son credo : on peut augmenter ses ventes très rapidement avec de petits moyens très simples, qui ne nécessitent pas d’investir beaucoup d’argent !


Nos derniers orateurs du jour étaient Anne-Sophie Rao et Léonard Théron, les deux fondateurs de RumeXperts, un bureau d’études en santé et production animales. Tous deux vétérinaires de l’Université de Liège, ils ont lancé un projet First Spin-Off basé sur trois piliers :

-       Les services en ferme

-       La recherche et les formations

-       Le logiciel Salve

Le problème qu’ils ont observé est qu’on regarde souvent son troupeau de loin. Pour s’y intéresser, et sans devoir forcément ausculter chaque vache de façon répétitive et chronophage, le big data a réellement un intérêt dans un objectif d’optimisation économique.

L’objectif du logiciel Salve qu’ils ont développé, c’est d’aider les agriculteurs à lire rapidement les données d’élevage, ainsi que de les avertir en cas de souci.  Pour ce faire, les données arrivent à un nombre de partenaires – encadrants qui peuvent intervenir.
Le logiciel permet la gestion de plusieurs fermes à la fois.

 

 

Découvrez la présentation de Bernard Tychon (Université de Liège) :

 

Retrouvez la présentation de Guillaume Janssens (TerrEye) :

 

Parcourez aussi la présentation d'Henri Louvigny...(LEA - Louvigny) :

 

...et celle d'Anne-Sophie Rao et Léonard Théron (RumeXperts) :

Qu’il s’agisse de drones, capteurs, ou encore tracteurs robots, on remarque beaucoup d’innovations technologiques qui se développent dans le secteur de l’agriculture. Sur base de plusieurs exemples, Bernard Tychon, professeur à l’Université de Liège, nous présentera le contexte de cette digitalisation qui vient en aide au monde agricole, en insistant sur les coûts que peuvent représenter ces technologies. Vous aurez ensuite l’occasion d’entendre trois témoignages :

 

TerrEye est une société spécialisée dans l’acquisition et le traitement de données géo-spatiales à destination des agriculteurs et forestiers. Guillaume Janssens, son co-fondateur, nous expliquera comment il a créé la plateforme RéGIS et son utilité pour la gestion quotidienne en milieu rural.


Et si l’on vous disait que le développement de start-ups dans l’agriculture n’était pas réservé à la Silicon Valley ? Que chez nous, en Wallonie, des agriculteurs arrivent à innover avec des outils simples d’utilisation ? Henri Louvigny, gérant de la start-up LEA nous expliquera comment, en tant qu’agriculteur, il a su développer des applications utiles au secteur, notamment en matière de gestion de l’engraissement, ou encore de vente de colis en ligne.

 

En matière d’élevage, nous vous proposerons aussi de découvrir un projet innovant développé par les vétérinaires Anne-Sophie Rao et Léonard Theron. Salve, c’est le nom d’un logiciel capable d’analyser les données existantes des troupeaux bovins wallons afin d'alerter les éleveurs et vétérinaires sur leurs modifications et permettre ainsi une action plus rapide dans les troupeaux et donc une diminution des pertes.

Un événement organisé dans le cadre de la Foire de Libramont, en collaboration avec le LEC et Digital Wallonia.